Le PRODEP - Un exercice porteur de résultats
Ces propos, qui pourraient ressembler à une propagande bien préparée, sont recueillis de façon spontanée dans plusieurs départements du pays, à la revue mi -parcours de l’exécution du Projet National de Développement Communautaire et Participatif (PRODEP), au mois de juin 2008. Depuis janvier 2004, le PRODEP accompagne les populations rurales et périurbaines vivant dans des communes classées les plus pauvres du pays. Ce projet inclusif permet aux communautés pauvres rurales d’expérimenter une méthodologie de gestion participative, à travers la réalisation de petits projets de développement. Il vise le renforcement des organisations communautaires en vue de les rendre aptes à s’impliquer pleinement dans l’orientation et la gestion des ressources publiques. Le projet vise les 59 communes les plus pauvres du pays. Trente deux (32) communes des départements du Sud, du Sud’Est, des Nippes, du Plateau Central et du Nord-Est ont déjà bénéficié d’un financement permettant de réaliser quatre sous –projets de dix sept mille cinq cent dollars américains (US $17.500) par section communale et par bourg. On y retrouve des petits projets de production, de services, d’infrastructures, d’entreprenariat. Vingt sept (27) autres communes des Nippes, de la Grand’Anse, de l’Ouest, de l’Artibonite, du Nord-Ouest et du nord seront touchées d’ici la fin de l’exécution du projet, en 2010. Ces communes sont choisies sur la base de la carte de pauvreté produite par le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) en 2004. Projet de l’Etat Haïtien financé par la Banque Mondiale à hauteur de 38.6 millions de dollars sur une durée de cinq (5) ans, le PRODEP est exécuté pour le compte du Gouvernement par le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD –ci-devant PL-480), avec le support d’une Unité de Coordination des Projets (UCP). Le travail du Bureau de Monétisation contribue au renforcement de l’Etat dans ses fonctions de mise en place du cadre règlementaire, de suivi et d’évaluation de programmes d’Aide au Développement. Le renforcement des capacités locales, représentant un pourcentage appréciable du budget du projet, permettra aux bénéficiaires de planifier, d’encourager l’autogestion communautaire, tout en générant des comportements solidaires. Il est prévu la réalisation de mille deux cent (1200) sous–projets, proposés, choisis et gérés par les communautés elles-mêmes. Des organisations non gouvernementales comme le Centre d’Études et de Coopération Internationale (CECI) et le Pan American Devlopment Foundation (PADF) sont recrutées, suivant une démarche transparente et publique, à titre de Maitres d’Ouvrages Délégués (MDOD), en vue de l’exécution du projet sur le terrain. Transparence, Démocratie, participation… plus que des slogans Le PRODEP est basé sur la conviction que seule l’implication des communautés dans les processus visant l’amélioration de leurs conditions de vie peut garantir une progression vers un Développement Durable. La participation des organisations communautaires de base est donc garantie à toutes les étapes du PRODEP, depuis l’identification des sous projets prioritaires jusqu’à leur évaluation, en passant par leur opération et maintenance. Une assemblée nommée COPRODEP (Conseil de Projet du PRODEP), formée à 80% de représentants d’Organisations Communautaires de Base (OCB) et à 20% d’élus locaux, leaders et notables, est constituée dans chacune des communes d’intervention. Ainsi, trente deux COPRODEP sont déjà en fonctionnement dans les 32 communes déjà touchées par le PRODEP. Cette assemblée prend toutes les décisions concernant l’exécution des sous projets, élit un comité exécutif en vue de gérer les fonds alloués aux sous-projets et réaliser leur supervision sur le terrain. Les COPRODEP bénéficient de l’encadrement des Bureaux techniques de Coordination (BTC) mis en place dans les communes d’intervention par les Maîtres d’Ouvrages Délégués. Les organisations de base recensées dans les communes sont appelées à soumettre des propositions de projet. Les sous-projets prioritaires sont retenus à partir d’élections réalisées par le COPRODEP qui a comme responsabilités, entre autres, de tenir les comptes bancaires et de fournir des rapports comptables. Le montant du don et… bien plus…. L’implication effective des populations ciblées favorise l’appropriation du projet par les communautés et ainsi leur contribution effective pour des réalisations valant bien plus que le montant de 17 500 dollars américains alloué à la réalisation de chaque sous -projet. Cette contribution des communautés s’effectue, entre autres, par la mise à la disposition du projet de leur force de travail (une journée de travail non rémunéré par semaine), de leurs biens mobiliers et immobiliers (terrains, maisons, meubles, etc…). Des résultats en un temps record Au mois de mai 2008, 227 sous-projets sont complètement achevés, 217 en cours d’exécution et 140 sur le point d’être démarrés dans les trente deux communes déjà touchées par le PRODEP. Réalisés en un temps record, soit entre 3 et 6 mois en moyenne, ces projets permettent de répondre à des besoins jugés urgents par les populations ciblées. Parmi les catégories les plus priorisées, on retrouve respectivement des projets d’infrastructure, soit 46% (aménagement de routes, captage de source et alimentation en eau potable, construction de canaux d’irrigation), des projets productifs, 37% (magasins communautaires, boutiques d’intrants agricoles, moulins à grains accompagnés de générateurs de courant électrique), des projets à caractère social, 17% (construction de centres culturels, montage de centres cybernétiques, aménagement d’écoles) Des exemples de synergie et de complémentarité… - En vue de renforcer un projet d’eau potable pour le rendre accessible à plus de 700 familles, un partenariat productif est conclu entre le PRODEP, l’organisation Helvetas et des acteurs locaux permettant de passer le financement du projet de 641 mille gourdes (contribution du PRODEP) à 1,5 millions de gourdes en incluant une contribution de 773 mille gourdes de Helvetas et une contrepartie de 74 mille gourdes de l’organisation de base bénéficiaire, le « Mouvman Peyizan Ma Jòj » (MPM). -Un sous-projet d’électrification de la ville de Saut D’eau porté par l’Association des femmes de Laborde (AFL), bénéficie de l’apport à la fois de la Mairie, du COPRODEP, de l’EDH (Électricité d’Etat d’Haïti) et de parlementaires (député et un sénateur) pour en faire un projet plus viable et plus durable. - La Mairie de Lascahobas a donné un terrain et entrepris des démarches auprès du Ministère des Travaux Publics en vue d’amplifier un sous-projet visant la réhabilitation de l’ancien abattoir de Lascahobas. Cette Mairie a également donné la contribution d’environ 11 mille dollars américains pour la Coopérative d’épargne et de crédit de Lascahobas (COOPECLAS) qui héberge les comptes de la plupart des sous projets de la commune. - Le BTC du Nord’Est vient d’avoir l’accord du Projet Gouvernance Locale dans le Nord-est pour un financement additionnel d’environ 300 mille gourdes en faveur du sous-projet de radio communautaire du centre-ville de Capotille. Ce montant additionnel doit permettre l’aménagement d’un local devant abriter la radio communautaire, dissipant ainsi la principale contrainte à la finalisation de ce sous projet. - Dans le cadre de la mise en œuvre des projets d’élevage caprin (amélioration de race et soins vétérinaires) dans le Nord Est, suite aux démarches du BTC auprès de VETERIMED (principale ONG locale d’appui à l’élevage et aux soins vétérinaires), six (6) bourses complètes d’étude viennent d’être octroyées à six (6) organisations pour une formation approfondie de sept (7) mois en santé animale. La diaspora, début d’un partenariat Un accord est signé entre le BTC du Bas Plateau Central, le COPRODEP de Mirebalais et la Fondation pour l’avancement technologique et économique de Mirebalais (FATEM), une organisation de ressortissants de Mirebalais vivant à l’étranger. Il prévoit entre autres i) l’intégration de FATEM au COPRODEP à titre d’observateur, ii) des levés de fonds par le FATEM pour le cofinancement de sous projets priorisés par le COPRODEP. Un sous projet d’identification des rues de Mirebalais vient de bénéficier de la part de FATEM d’un appui à la contrepartie communautaire à hauteur de 750 dollars américains. Cet exemple témoigne des possibilités de collaboration offertes par le PRODEP à la communauté haïtienne vivant à l’extérieur et désireuse d’apporter sa contribution dans le développement du pays. Un dialogue est d’ailleurs initié avec l’organisation FONKOZE, organisation de la diaspora haïtienne qui supporte essentiellement des projets à caractère économique ainsi qu’avec d’autres organisations siégeant à Boston en vue de l’établissement de rapports de partenariat avec le PRODEP. Des actions sont prévues pour le renforcement de ce type de collaboration. Des communautés renforcées et expérimentées Toutes les actions du PRODEP sont convergées vers la construction de capacités et de structures communautaires pouvant garantir une participation efficiente dans les activités de Développement et favoriser des initiatives citoyennes valables. Ce renforcement des capacités des communautés est effectué notamment à travers des séances de formation et l’expérimentation effective d’une démarche de gestion garantissant la bonne gouvernance et la transparence à travers la réalisation des projets. Six cent trente huit (638) séances de formation sont déjà réalisées à l’intention des organisations communautaires de base recensées, particulièrement celles porteuses de sous projets. Des membres de 767 organisations et des COPRODEP ont ainsi pu être formées en gestion de projet et de petites et moyennes entreprises, en techniques de communication et d’animation de réunions, en méthode participative… Des résultats pérennes La durabilité des acquis de l’expérience du PRODEP est garantie avec la structure du COPRODEP destinée à demeurer dans la communauté après l’exécution du projet. A cet effet, les membres du COPRODEP sont formés en vue de prendre en main de manière efficace et durable le développement de leurs communes en favorisant une ouverture vers de nouvelles opportunités. Le ton est d’ailleurs donné dans le SUD où les membres des COPRODEP ont décidé de former la Fédération des COPRODEP du Sud (FECOSUD). Cette structure, non prévue par le PRODEP, permet d’avancer les réflexions et entamer des actions concrètes pour une meilleure contribution des communautés dans les processus de Développement Communautaire. Pour ce qu’il s’agit des sous projets réalisés, des comités de suivi et d’entretien selon la nature du projet, sont mis en place pour garantir leur pérennité. Des atouts de taille pour le pouvoir public L’Etat ne saurait résoudre à lui seul les nombreux problèmes auxquels font face les localités. Le PRODEP permet de rétablir la confiance des populations dans le rôle qu’elles peuvent jouer en vue de changer leurs conditions et donc de stimuler leur engouement à se constituer en acteurs-trices de développement. Les communautés disposent de ressources humaines formées et expérimentées pouvant apporter leur contribution tant dans la recherche d’initiatives et de ressources financières que dans la réalisation de projets. La collaboration avec ces ressources disponibles sur place et ayant un intérêt pour les activités se réalisant dans leur localité, permettra à l’Etat ainsi qu’aux autres intervenants d’économiser des frais de déplacements exorbitants tout en garantissant de meilleurs résultats. Une certaine stabilité peut être garantie dans les localités touchées par le PRODEP avec la réalisation de projets apportant une solution à des besoins urgents. Une expérience qui s’accroit La phase II du PRODEP est déjà lancée dans les départements de l’Artibonite, le Nord, la Grand’Anse, les Nippes, l’Ouest et le Nord’Ouest. Le PRODEP a déjà inspiré la réalisation du projet PRODEPPAP (Projet de Développement participatif à Port-au-Prince), dans des quartiers réputés violents, notamment à Cité Soleil et à Bel Air. Dix-sept (17) sous-projets mis en œuvre par les groupements communautaires de base, complètement achevés, sont inaugurés ce mois de juin. Un Projet de Développement Communautaire Participatif en milieu Urbain (PRODEPUR), de 20 millions de dollars américains dont un don de 16 millions USD de l’IDA et de 4 millions USD de la Banque Caraïbéenne de Développement, est en phase de démarrage. Ce projet cible les bidonvilles des grandes villes comme le Cap-Haïtien, Saint-Marc, Gonaïves et la région métropolitaine. Un point d’insatisfaction ... La principale critique mentionnée jusqu’à présent sur le PRODEP concerne le montant alloué aux sous projets, jugé insuffisant pour des travaux et/ou des objectifs structurants. Cependant, les bénéficiaires du projet disent comprendre la nécessité de s’exercer d’abord à la gestion de fonds modestes avant de passer à des projets de plus grande envergure. Un canal idéal … ‘Au début, je n’étais pas totalement convaincu du PRODEP, mais en allant sur le terrain, en écoutant les témoignages des populations et en visitant les réalisations du projet, j’ai été impressionné. Le gouvernement reconnaît l’importance de ce projet et est prêt à le supporter. J’encourage fortement tous ceux et celles qui veulent contribuer au Développement de leur pays, principalement les membres de la Diaspora désireux d’aider leur région d’origine, à utiliser le canal du PRODEP qui a déjà une structure et une méthode transparente ayant fait preuve de son efficacité’ Propos du Ministre de la Planification et de la Coopération externe, Jean Max Bellerive, au mois de Juin 2008. ------------ Pour toute information sur le projet PRODEP, veuillez contacter le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au développement (BMPAD) au : Bureau de Monétisation Boulevard Harry Truman, à coté restaurant Tyfany BP: 2488 Site Web: www.bureaudegestion.gouv.ht Tel: (509) 2513 7301, (509) 2221 8845